Comment donner un conseil: quelques idées de communication

Dans ce post, je vais tenter de réfléchir de façon critique sur le sujet des conseils, et de comment les prodiguer.

Je me suis récemment penché sur les conseils et j’ai réalisé à quel point ils peuvent nous desservir, voire être préjudiciables. Comment ils pouvaient parfois être inefficaces et comment lutter contre ces évènements indésirables. Cela s’applique aux réseaux sociaux, dans les rencontres personnelles ou dans les relations de soin (et probablement à d’autres interactions mais ce sont celles que j’ai trouvé pertinentes à ce jour).

Donner un conseil est toujours un acte de gentillesse, une façon d’etre bienveillant pour prendre soin des gens … mais cela peut être perçu différemment par la personne recevant le conseil. Après tout, ne vivons nous pas le monde subjectivement selon nos vies et le contexte?
Voici quelques exemples pour illustrer mon propos.

I) Un patient me dit qu’il essaye de se mettre au sport et qu’il a commencé à courir tous les jours. En tant que soignant, je m’inquiète pour sa sécurité et j’ai envie de lui conseiller de faire attention à la surcharge du fait qu’il était sédentaire depuis des années. Je souhaite lui éviter un potentielle blessure. Ma réaction première serait: « Super, mais vous devriez faire attention, si vous courez tous les jours vous risquez de vous blesser ».

II) Je vois une vidéo sur les réseaux sociaux de quelqu’un qui fait un exercice et je réalise qu’il ne réalise pas le mouvement de façon optimale. Je souhaite l’aider à acquérir une forme parfaite, pour lui éviter de perdre son temps et l’aider à s’améliorer. De ce fait, je suis enclin a commenter sous la publication: « Ta réalisation est imparfaite, tu devrais essayer de travailler sur x ou y ou de changer ce paramètre car cela t’aiderait ».

III) Un ami me dit qu’il a décidé de devenir végane, et je me soucie de sa santé, ce qui me conduirait à dire: « Cool, mais tu devrais prendre de la vitamine B12 pour éviter les carences ».

Dans le scénario I), il est facile de croire que c’est mon rôle de fournir ce conseil pour la sécurité de la personne et agir de façon préventive. Pourtant la personne pourrait le prendre autrement. Peut-être cela va réduire sa motivation initiale de faire du sport. Peut-être qu’il va penser que c’est dangereux pour lui de courir car moi (son professionnel de santé), suis inquiet qu’il se soit mis à courir. Peut-être qu’il va se sentir offensé que je ne croie pas en ses capacités d’auto gestion. Tout pourrait se passer.

Dans le scenario II), je suis sur les réseaux sociaux, donc je commente mon conseil pensant que je vais aider la personne à faire mieux. Mais peut-être à t’elle déjà reçu plusieurs commentaires comme le mien. Peut-être cette personne va se sentir critiquée. Peut-être va t’elle avoir le sentiment que son dur travail ne paie pas et que ça n’est pas assez bien. Peut-être va t’elle penser qu’elle devrait arrêter d’essayer.

Dans le scenario III): bien que je veuille prendre soin d’un ami, peut-être que son expérience est différente. Peut-être qu’il va croire que je me considère plus savant que lui sur un sujet qu’il affectionne. Peut-être qu’il en sait plus que moi à ce sujet. Peut-être va t’il se sentir seul et incompris dans son projet. Peut-être va t’il se sentir en colère ou douter de lui. Peut-être va t’il se sentir désespéré pour l’avenir de la planète, le bien-être animal et déprimé par la société et le genre humain.

En conclusion, mon conseil était soit délétère (diminuant la confiance, l’espoir, ou créateur de colère), soit inefficace, inutile (puisque la personne ne m’écoutera pas).

2. Pour pallier à cela, voici quelques idées que je pourrais considérer avant de dire ou écrire mon conseil.

A) Je peux m’assurer que mon conseil ne sort pas de nulle part. Je peux commencer une conversation d’abord. Lorsque quelqu’un vient me dire ce que je dois faire sans dire bonjour, je peux légitimement me sentir irrité. Donc, je peux commencer par engager la conversation avec la personne.
Exemple II): Avant de dire à mon ami sur les réseaux que l’exercice qu’il fait n’est pas parfait, je peux commencer par prendre des nouvelles. « J’ai vu ta vidéo sur les réseaux, cela m’a fait réaliser que j’avais envie de prendre de tes nouvelles, comment vas-tu? 🙂 »

B) Ensuite, une fois la conversation engagée, je peux commencer par féliciter la personne pour ce qu’elle fait. Les compliments et les encouragements sont toujours bienvenus.
Exemple I): « Félicitations pour votre récente mise à la course, c’est un bel effort que vous avez fait là, c’est inspirant! »

C) Je peux ensuite questionner sincèrement sur les connaissances qu’à déjà la personne. La plus part du temps, je ne sais pas dans quelle mesure la personne sait déjà des choses sur le conseil que je souhaite lui donner. Si elle sait déjà la chose, à quoi bon donner mon conseil?
Exemple III): « J’ai entendu beaucoup de choses au sujet de l’alimentation végane, est-tu au courant des éventuels soucis associés? »

D) Si la personne a la même information que moi, alors je peux être rassuré et nul besoin d’aller plus loin. Cependant, si nous avons une vision différente sur le sujet, je peux demander si elle souhaite connaitre ma perception (demander la permission). Cela me permet d’être sur: -Qu’elle a envie d’en savoir plus / -Que la personne est dans la disposition mentale pour entendre mon point de vue / conseil = qu’elle est disponible (parfois ça n’est juste pas le moment) / -Qu’elle va m’écouter ce qui maximise les chances que mon conseil soit utile.
Exemple II): « Il semble que j’ai une compréhension différente de comment réaliser cet exercice, est-ce que tu souhaites que je partage mon point de vue avec toi? »

E) Ensuite il ne me reste plus qu’a donner mon conseil de façon adaptée et agréable, en choisissant mes mots avec précaution.
Exemple I): « Avec mon expérience de kinésithérapeute, j’ai observé que parfois une surcharge peut se produire quand les gens reprennent l’activité physique. Certains même se blessent lorsqu’ils commencent avec une haute fréquence et intensité du fait de leur motivation. Ce qui peut-être pertinent, c’est de surveiller les symptômes de X façon et si besoin réduire la fréquence à Y fois par semaine, et augmenter progressivement par la suite ».

F) Bonus: Je peux même aller plus loin en demandant ce que la personne en pense. Cela me permet de voir si mon message a été compris et comment elle se sent par rapport à ça, et pourquoi pas identifier d’autres sujets de discussion.
Exemple III): « Qu’en pensez vous? Est-ce que cela vous parle? »

Voici les éléments clés que j’ai identifié pour fournir des conseils de façon utile dans la pratique professionnelle et dans la vie personnelle. Certains éléments peuvent être similaires à l’entretien motivationnel ou d’autres stratégies de communication.

Je suis curieux de la façon dont vous prodiguez vos conseils, et vos avis sur le sujet, donc n’hésitez pas à partager votre point de vue en commentaire.

Prenez soin de vous.

Clément

Le filet de sécurité comme bonne pratique face à l’incertitude

(Greenhalgh, Finucane, Mercer, & Selfe, 2020)

But : Promouvoir le filet de sécurité comme bonne pratique

Méthodes : Éditorial + exemples cliniques

Limites : Point de vue d’auteur

En pratique :

– Travailler en collaboration avec la personne pour monitorer les symptômes : Alliance thérapeutique, prise de décision partagée.
-Utiliser le temps comme outil de raisonnement : résolution des symptômes ou développement de drapeaux rouges.
– Une communication claire est nécessaire
– Anticiper les patients à risque

Element importants:

  • Fournir de l’information (spécifique sur les drapeaux rouges)
  • Autonomiser le patient à reconnaitre les drapeaux rouges et consulter à temps (quand)
  • Conseils sur comment et où consulter
  • Expliquer l’évolution naturelle
  • Donner des consignes écrites
  • Documenter dans le dossier le fait d’avoir mis en place un « filet de sécurité »

Écueils :

  1. Information correcte n’a pas été donnée
  2. Explications non entendues / comprises (façon d’expliquer)
  3. Contenu peu clair

Greenhalgh, S., Finucane, L. M., Mercer, C., & Selfe, J. (2020). Safety netting; best practice in the face of uncertainty. Musculoskeletal Science and Practice, 48(May), 102179. https://doi.org/10.1016/j.msksp.2020.102179

La première consultation de kinésithérapie: le bilan

Lorsque l’on consulte un kinésithérapeute pour la première fois, il peut être difficile de savoir à quoi s’attendre et comprendre ce qu’il va se passer et pourquoi. Ce post a été écrit pour fournir un aperçu d’une première consultation et des explications sur le bilan.

Pourquoi votre kinésithérapeute va effectuer un bilan?

La sécurité avant tout.

« Primum non nocere »

  1. Ces citations illustrent bien l’aspect le plus important du soin médical. Le rôle premier d’un soignant est de s’assurer de ne pas causer plus de mal que de bien. C’est la raison pour laquelle le soignant va continuellement chercher s’il n’y a pas une pathologie grave qui pourrait ressembler à un problème musculosquelettique « habituel » (lombalgie, cervicalgie, tendinopathie, entorse …) qui pourrait en réalité être une maladie grave / urgente qui requiert un traitement médical pour éviter des conséquences mortelles ou des séquelles irréversibles. Quelques exemples pourraient être des cancers, fractures, infections ou pathologies inflammatoires …
    C’est pourquoi votre kinésithérapeute va vous poser de nombreuses questions sur vos antécédents médicaux, votre problème, et même parfois des questions plus personnelles / intimes pour avoir toutes les informations dont il aura besoin pour s’assurer qu’il peut vous aider en toute sécurité et qu’il n’a pas besoin de vous référer vers un autre soignant (un médecin, un spécialiste, aux urgences, etc). Cela se fait en continu tout au long de votre parcours médical, car certaines maladies évoluent et peuvent ne pas se manifester initialement. C’est pourquoi ce screening est un processus continu.
  2. Il vous posera aussi des questions sur votre vie en général pour vous connaître mieux. Cela est aussi important car les meilleurs résultats sont obtenus grâce à des soins personnalisés. D’où le fait que votre kinésithérapeute sera en mesure de mieux vous aider s’il vous connaît mieux. De plus, pour certaines pathologies, les personnes devraient se voir proposer des plans de traitement différents selon leur mode de vie ou leur contexte psycho-social. Par exemple, on sait que l’anxiété joue un rôle important dans les douleurs persistantes. De ce fait, votre kinésithérapeute peut vous poser des questions sur votre perception du problème, votre niveau de stress, etc, pour savoir ce qui sera le plus approprié pour vous et ce qu’il pourra vous proposer.
  3. Il va aussi sélectionner avec attention les tests qu’il va choisir de réaliser pour avoir une bonne compréhension de votre problème, comment vous le gérez, et évaluer où vous en êtes actuellement du point de vue de vos symptômes et vos capacités. Cela, dans le but de créer la rééducation la plus adaptée pour vous à cet instant donné et pouvoir monitorer vos progrès dans le temps. Il utilisera un raisonnement complexe en utilisant toutes les informations à sa disposition pour vous aider de la façon la plus appropriée selon vos besoins, vos préférences, les connaissances scientifiques actuelles et son expertise et réajuster le traitement au fil du temps.
  4. Ce processus est partagé avec vous. Vous êtes un membre à part entière, un égal qui joue un rôle majeur. En tant qu’être humain, vos ressentis, émotions, pensées, comportements, et votre participation auront une grande influence sur le processus. C’est pourquoi votre professionnel de santé cherchera à faire en sorte que vous ayez la meilleure expérience possible. L’équipe médicale sera de ce fait capable de vous aider au mieux à gérer votre problème et son impact dans votre vie de façon optimale.
  5. Votre kinésithérapeute et vos professionnels de santé en général travaillent avec vous et pour vous. Ils seront curieux et vous demanderont si vous avez des questions, des inquiétudes ou d’autres choses auxquelles ils peuvent répondre, vous rassurer ou vous aider. Cependant la médecine n’est pas une science parfaite et est constituée de nombreuses incertitudes. Pour cette raison, parfois les soignants ne seront pas en mesure de vous répondre de façon définitive. Ils pourront à la place vous expliquer leurs hypothèses, l’état des connaissances scientifiques actuelles au sujet de votre question, et ce qui peut être fait et comment.

    La première session a donc pour but de mieux vous connaitre, se mettre d’accord sur ce qui peut vous être proposé et vous aider / guider dans votre parcours de soin pour que vous vous sentiez soutenu et accompagné autant que possible.

    J’espère que ces informations vous aideront et vous auront fourni des informations sur votre première séance de kinésithérapie musculosquelettique.


Prenez soin de vous

Clément

La sciatique d’Alice

Voici le témoignage d’Alice qui a accepté de vous partager son histoire et son vécu de sa sciatique. Elle a écrit ce post et m’a autorisé à vous le partager ici.

Section 1 : la spirale

Tout a commencé en octobre 2018, j’avais 26 ans. Après une sortie vélo un peu mouvementée, je me réveille, du jour au lendemain, dans l’incapacité de me lever physiquement. Une douleur m’irradie et m’empêche d’utiliser mon dos : il s’agira en fait d’une sciatique de la jambe gauche. On me prescrit alors un traitement à base d’anti-inflammatoires ainsi qu’une bonne dose de repos totalement alitée en attendant que le mal passe (à mon plus grand regret). Cette spirale aura duré presque trois ans et eu lieu par épisodes : j’enchainais traitement médicamenteux et repos total tous les deux- trois mois. Et au delà de la douleur physique, invisible pour les autres, j’ai commencé à ressentir un véritable mal être. Je me posais sans cesse cette question : « comment expliquer ce qui m’arrive alors que j’ai toujours veillé à avoir une hygiène de vie impeccable ? » ancienne athlète de haut niveau, pratique courante du sport, pas d’alcool, pas de tabac… Je m’étais mise en tête de trouver la cause mécanique de mon mal de dos.

Section 2 : fin de la spirale et début de la kinésithérapie

Durant ces trois années, j’ai développé une peur du mouvement. Par peur d’avoir mal au dos, j’évitais par précaution tous les clichés possibles et imaginables : ne pas porter de charges lourdes, ne pas se baisser sans plier les genoux, arrêter le sport… Bref, éviter au maximum de solliciter mon dos pour le protéger. Et malgré toutes ces précautions, j’enchainais les épisodes douloureux et ne parvenais toujours pas à en trouver la cause. Jusqu’en juin 2021. La prise d’anti-inflammatoires ne faisait pour la première fois plus effet. Je souffrais véritablement jour et nuit, et ne dormais quasiment plus car la douleur me réveillait. On me prescrit alors une IRM dont la conclusion sera une hernie discale: je suis immédiatement orientée vers un spécialiste pour faire des infiltrations. Sauf que cette procédure me terrorise car l’un de mes proches ne l’a pas bien vécu. Je décide donc de prendre l’avis de plusieurs médecins et l’un d’eux me propose d’essayer la kinésithérapie.

Section 3 : ce que j’ai appris avec le kiné 

Je ne connaissais pas vraiment le monde de la kinésithérapie, mais j’y fondais beaucoup d’espoir. Dès la première séance, je me rends compte que je suis très mal informée au sujet des lombalgies (comme finalement la plupart d’entre nous) et que mettre mon corps au repos était une véritable erreur. En parallèle des séances de kinésithérapie, je recommence progressivement à avoir une vie normale et à ne plus avoir peur de solliciter mon dos (port de charges, reprise du sport…). Etant très impliquée dans ce processus, je réalise d’ailleurs mes exercices entre les séances avec assiduité. Je me sentais mieux, mais pas sortie d’affaire : ma progression est très oscillante et je ressens constamment cette sensation de faiblesse au niveau de ma jambe gauche. J’ai beaucoup de mal à comprendre pourquoi je ne guérissais pas alors que je prenais cette démarche thérapeutique très au sérieux. C’est en lisant un article de recherche sur la lombalgie que j’ai eu un déclic : j’ai compris que le mal que je ressentais n’était pas forcément lié à un facteur mécanique mais pouvait être lié à un facteur psychologique. J’ai donc réalisé que, d’une part, j’avais trop d’attentes envers mon kiné, ce qui créait une pression psychologique défavorable, et d’autre part, je faisais mes exercices de façon robotique sans vraiment essayer de ressentir les effets sur mon corps et savoir in fine ce qui me faisait du bien ou pas. Frustrée de ne pas trouver de cause mécanique depuis toutes ces années, je continue également de creuser l’aspect psychologique en remontant mon passé jusque 2018. Et je réalise que cette année est particulièrement riche en émotions car elle est celle de la perte de l’un de mes parents, justement quelques mois avant le déclenchement de ma lombalgie. Etant de nature à tout intérioriser, il est très probable que mon mal-être se soit donc exprimé via cette lombalgie. Ayant accepté tout cela, j’ai abordé mes séances de kiné sous un nouvel angle : à l’écoute de mon corps et surtout pleine de résilience. Et les séances sont devenues de plus en plus efficaces.

Section 4 : ma vie aujourd’hui

Je suis aujourd’hui capable de gérer la douleur, c’est à dire, cibler les exercices qui me sont bénéfiques en fonction du mal que je ressens. Je ne suis pas encore guérie, je ne le serais peut-être jamais, mais je suis heureuse d’avoir repris une vie (presque) normale ! 

Tennis Elbow ou Douleur / Tendinopathie latérale de coude ou Epicondylalgie

Il existe plusieurs appellations pour ce problème : Tennis elbow, douleur latérale de coude, tendinopathie des extenseurs du coude, épicondylalgie, épicondylite … Elles se réfèrent toutes au même diagnostique.

Est-ce fréquent ?

C’est un problème fréquent chez les personnes entre 35 et 54 ans. Cette pathologie touche 1 à 3% de la population générale avec un risque accru chez les personnes tabagiques, les travailleurs manuels et les joueurs de tennis.

Quelle est l’évolution ?

Pour nombre de patients, les symptômes sont spontanément résolutifs. Les études indiquent que 83 à 90% des patients n’ayant pas reçu de traitement rapportent une amélioration significative, bien que parfois incomplète, à un an. Cependant 1/3 des patients présentent une gêne prolongée après un an malgré les traitements. Une part importante de patients vivent une récurrence des symptômes après l’épisode initial.

Les estimations suggèrent que 5% des patients ne répondent pas au traitement conservateur et passent par une opération avec des résultats variables.

Qu’est-ce que c’est, que se passe t’il ?

L’épicondylalgie est multimodale, il ne s’agit pas que d’un problème structurel ou mécanique. Le modèle actuel suggère certes des changements dans la matrice et les cellules du tendon, mais accompagnés par des altérations du système de la douleur et des modifications de la fonction du système sensitif et moteur.

Comment le diagnostiquer ?

Le diagnostic est clinique par provocation des symptômes en contraignant les tendons affectés. La douleur doit être reproduite à l’épicondyle par : palpation, contraction résistée du poignet, index ou majeur, et serrage d’un objet. Un examen clinique plus approfondi peut être nécessaire pour exclure d’autres causes possibles.

Dois-je faire une imagerie ?

L’IRM et l’échographie ont une bonne capacité à exclure la présence de l’épicondylalgie si l’imagerie est normale mais ne peuvent la diagnostiquer si les signes sont présents. Cela du fait de la présence de ces mêmes changements des tendons chez les individus asymptomatiques. Les études indiquent que l’on retrouve les mêmes signes à l’imagerie dans 50% des cas à l’IRM et 53% à l’échographie chez des individus sans douleurs ni problème ! En revanche lorsque les symptômes sont présents les modifications sont retrouvées à l’imagerie dans 90% des cas.

De plus les études indiquent qu’il n’y a pas de lien entre la sévérité des symptômes et la sévérité des changements identifiés à l’imagerie pour cette pathologie et les autres tendinopathies chroniques. Ainsi l’imagerie ne peut diagnostiquer le tennis elbow mais peut exclure ce diagnostic.

Quels sont les facteurs qui affectent la récupération ?

Malheureusement, il n’y a pas de traitement universel efficace pour tous les patients avec un tennis elbow. Le fait que les présentations cliniques et la physiopathologie soient hétérogènes suggèrent qu’un traitement individualisé est plus susceptible d’être efficace. 6 facteurs influençant les résultats ont été identifiés :

  1. Le stade de la tendinopathie, réactive, dégénérative ou entre les deux. Le traitement proposé peut varier en fonction du stade.
  2. La sévérité des symptômes initiaux. Plus ils sont intenses, moins bon est le pronostic à long terme.
  3. La présence d’une sensibilisation centrale est un signe de pronostic moins favorable. C’est une altération du système nerveux rendant des stimuli légers très douloureux, avec des changements de la perception à la température rendant le froid douloureux entre autres …
  4. La présence d’une douleur concomitante à l’épaule ou la nuque. Les douleurs cervicales associées sont généralement signe d’un moins bon pronostic à long-terme, tandis que les douleurs d’épaule sont souvent accompagnées d’un moins bon pronostic à court-terme.
  5. Les limitations neuromusculaires associées telles que le déficit de force du muscle court extenseur radial du carpe, un serrage effectué en flexion de poignet, une faiblesse globale du membre affecté, et un déficit de vitesse de mouvement et du temps de réaction musculaire des 2 bras chez les patients avec un tennis elbow d’un seul côté. Si ces limitations ne sont pas identifiées et traitées, elles pourraient être à l’origine de la chronicisation du problème.
  6. Les facteurs psychosociaux et liés au travail. Ces facteurs ont été identifiés comme associés à une augmentation de la fréquence de l’épicondylalgie et à un pronostic moins bon à un an. Ces facteurs incluent : l’utilisation d’outils, le port de charges lourdes, les mouvements répétitifs, les activités de force avec le poignet en flexion et un faible contrôle sur son travail.

D’autre part on sait que la santé des tendons est affectée par l’hygiène de vie. Les éléments suivants sont des facteurs de risque de développer des problèmes tendineux.

  • Le tabagisme
  • L’obésité
  • Une alimentation riche en graisses
  • Une alimentation riche en nourriture transformée
  • Le manque d’activité physique
  • Des taux de cholestérols élevés
  • Le diabète
  • Des changements brutaux dans les niveaux d’activité physique

Quels sont les traitements possibles ?

Traitement médicamenteux : Les anti-inflammatoires oraux (AINS) ont des résultats conflictuels dans les études. Il est supposé qu’ils seraient plus utiles dans les phases réactives.

Les injections de corticostéroïdes : (infiltrations). Nous avons des preuves solides que les corticostéroïdes (injections) permettent un soulagement à court terme mais entrainent des résultats moins bons à 6 mois et un an ainsi qu’une augmentation du nombre de récidives par rapport à l’absence de traitement ou à la kinésithérapie. De plus l’ajout de kinésithérapie ne rattrape pas le retard de récupération créé par une injection unique de corticostéroïdes. De ce fait les injections de corticostéroïdes ne sont pas recommandées en première intention.

Les antidépresseurs et antiépileptiques peuvent être indiqués chez les patients avec une suspicion de sensibilisation centrale bien qu’aucune étude n’ait été menée sur ce sous-groupe en particulier mais sur d’autres groupes avec une sensibilisation centrale (fibromyalgie).

La prolothérapie (PRP) et les patchs d’oxyde nitrique ont démontré des effets à long terme chez les patients avec une épicondylalgie persistante (>3mois). Cependant leur efficacité dépend du stimulus qui les accompagne car les patch et l’étirement uniquement n’ont pas démontré d’effet. Malgré l’engouement actuel il y a de plus en plus de preuves que l’injection de produits sanguins riches en plaquettes, ou autres dérivés sanguins ne sont pas efficaces pour traiter l’épicondylalgie.

La thérapie manuelle orthopédique TMO : Il y a des preuves modérées sur les effets immédiats de la TMO sur la douleur et la force de serrage indolore ainsi que des bénéfices à court-terme lorsqu’utilisée en conjugaison avec des exercices graduels. Il y a aussi des preuves modérées que la thérapie manuelle de la région cervicale et thoracique a des effets additionnels en plus du traitement local lors de la présence de limitations cervicales et thoraciques.

Les exercices thérapeutiques : Les exercices sont cruciaux dans le traitement de l’épicondylalgie avec des preuves d’efficacité des exercices seuls ou comme part d’une approche multimodale. Chez les patients avec une épicondylalgie chronique les exercices ont démontré une diminution plus rapide de la douleur, moins d’arrêts de travail, moins de consultations médicales, et une plus grande capacité de travail. Bien que les effets soient marqués, il n’y a ce jour pas de recommandations sur le type de contraintes, l’intensité, la fréquence, ou la durée optimale pour ces exercices. Les recommandations sont actuellement vers une augmentation graduelle de la résistance, se focalisant sur les extenseurs du poignet.

Les avis divergent aussi quant à la présence de douleur pendant les exercices, certains insistent sur le fait que la douleur doit être évitée, d’autres sont d’avis qu’elle doit rester supportable (<5/10). Du fait de l’hétérogénéité des présentations cliniques de l’épicondylalgie, il est probable que le mode et le dosage optimal soit différent pour chaque patient selon le stade, la sévérité et la demande fonctionnelle avant blessure.

La pédagogie : L’évolution naturelle de la pathologie est favorable. Les délais peuvent être longs : 12 semaines de rééducation, parfois 1 an pour une amélioration des symptômes, amélioration parfois partielle. Possibilité de récurrences. Certains facteurs augmentent les risques de développer ou d’entretenir le problème. La prise en charge est multimodale et adaptée à chacun. Il existe différentes options thérapeutiques avec des résultats différents. Le repos relatif initial (sur les contraintes déclenchant les symptômes) est important puis la remise en contrainte graduelle l’est encore plus pour retrouver une fonctionnalité du membre. Il est important de graduellement réintroduire les taches plus difficiles et de réduire la difficulté si une récurrence des symptômes est expérimentée.

Bibliographie / Sources :

(Coombes, Bisset, & Vicenzino, 2015; Hoogvliet, Randsdorp, Dingemanse, Koes, & Huisstede, 2013; Vuvan, Vicenzino, Mellor, Heales, & Coombes, 2019)

Coombes, B. K., Bisset, L., & Vicenzino, B. (2015). Management of Lateral Elbow Tendinopathy: One Size Does Not Fit All. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy, 45(11), 938–949. https://doi.org/10.2519/jospt.2015.5841

Hoogvliet, P., Randsdorp, M. S., Dingemanse, R., Koes, B. W., & Huisstede, B. M. A. (2013). Does effectiveness of exercise therapy and mobilization techniques offer guidance for the treatment of lateral and medial epicondylitis? A systematic review. British Journal of Sports Medicine, 47(17), 1112–1119. https://doi.org/10.1136/bjsports-2012-091990

Vuvan, V., Vicenzino, B., Mellor, R., Heales, L. J., & Coombes, B. K. (2019). Unsupervised Isometric Exercise versus Wait-and-See for Lateral Elbow Tendinopathy. Medicine and Science in Sports and Exercise, 52(2), 287–295. https://doi.org/10.1249/MSS.0000000000002128

Programme d’auto-exercices isométriques versus wait-and-see pour le tennis elbow

(Vuvan, Vicenzino, Mellor, Heales, & Coombes, 2019)

Buts : Étudier les effets à 8 semaines d’un programme d’auto-exercices isométriques non supervisés en comparaison a une approche attentiste pour le tennis elbow unilatéral sur la douleur, fonction, amélioration globale et la force de serrage indolore.

Méthodes : Étude contrôlée randomisée. Inclusion 18-70 ans, LET unilatéral >6 semaines, douleurs >2 en moyenne, provoquée par 2 des tests suivants : serrage, palpation, étirement, contraction résistée, réduction de la force de serrage indolore. Exclusion : autre diagnostique, autre plainte MSK > au tennis elbow, problème neuro, inflammatoire, systémique, traitement dans les 3 mois précédents, trauma majeur, fracture ou opération dans l’année précédente. Tous les patients ont reçu des consignes verbales et écrites sur l’auto-traitement et l’ergonomie. Le groupe exercice a eu en plus : des informations sur un programme de 8 semaines d’exercices quotidiens isométriques progressifs sur-mesure par rapport à leur contraction maximale volontaire. Un journal d’exercices pour mesurer l’adhérence et les symptômes était à remplir chaque jour. L’adhérence a été mesurée en % des 56 sessions réalisées. Évaluateur à l’aveugle, randomisation informatique (stratifiée entre les patients avec douleurs <5 ou >6 au départ). Mesures : PRTEE, GROC, serrage indolore. Analyse statistique. 533 sujets on répondu 40 sélectionnés n=21 exercice, n=19 wait & see. Suivi de 98%.

Résultats : Le groupe exercice avait un meilleur score PRTEE à 8 semaines en comparaison du groupe attentiste (SMD -0.92, 95% CI -1.58 to -0.26, P = 0.006). Pas de ≠ pour le GROC ou le serrage indolore. 90% ont complété plus de 71% des sessions prescrites. Pas d’évènement indésirable. L’utilisation d’interventions conjointes était similaire entre les 2 groupes.

Limites : Puissance de calculée sur le PRTEE pas les 2 autres mesures. Uniquement des patients non-sévères. Programme <10min / jour.

En pratique : Ce protocole de d’auto-traitement par les exercices isométriques a un effet modéré sur le PRTEE en comparaison au groupe attentiste, mais pas sur le GROC ou le serrage à 8 semaines.

Vuvan, V., Vicenzino, B., Mellor, R., Heales, L. J., & Coombes, B. K. (2019). Unsupervised Isometric Exercise versus Wait-and-See for Lateral Elbow Tendinopathy. Medicine and Science in Sports and Exercise, 52(2), 287–295. https://doi.org/10.1249/MSS.0000000000002128

Est-ce que l’efficacité des exercices thérapeutiques et des techniques de mobilisations offrent des indications pour le traitement de l’épicondylite médiale / latérale ?

(Hoogvliet, Randsdorp, Dingemanse, Koes, & Huisstede, 2013)

Buts : Évaluer les preuves d’efficacité des exercices thérapeutiques et des techniques de mobilisation pour l’épicondylite médiale et latérale.

Méthodes : RS sur 4 bases de données, 2 reviewers indépendants ont extrait et évalué la qualité méthodologique des données. Articles en Français, Allemand, Néerlandais, et Anglais. La qualité a été évaluée selon un score (Furlan). L’hétérogénéité des données n’a pas permis une méta-analyse, d’où l’utilisation de la synthèse des meilleures preuves.

Résultats : Niveau de preuve modéré pour un effet à court terme du stretching + exercices de renforcement comparé aux US + frictions. Effets à court et moyen terme des manipulations cervicales et thoraciques en adjonction au travail concentrique et excentrique + mobilisation de poignet et avant-bras chez les patients avec épicondylite latérale. Pour tous les autres traitements, des preuves limitées, conflictuelles ou absentes ont été trouvées.

Limites : Pas de méta-analyse, niveau de preuve faible (1 article de haute qualité, le reste modéré ou faible).

En pratique : Nous n’avons pas de preuves fortes pour le traitement de l’épicondylite. A notre connaissance actuelle, la meilleure option reste les exercices thérapeutiques, le stretching, +/- la TMO en adjuvant.

Hoogvliet, P., Randsdorp, M. S., Dingemanse, R., Koes, B. W., & Huisstede, B. M. A. (2013). Does effectiveness of exercise therapy and mobilization techniques offer guidance for the treatment of lateral and medial epicondylitis? A systematic review. British Journal of Sports Medicine, 47(17), 1112–1119. https://doi.org/10.1136/bjsports-2012-091990

Traitement de la tendinopathie latérale de coude

(Coombes, Bisset, & Vicenzino, 2015)

Buts : Compiler les preuves scientifiques et avis d’experts sur la physiopathologie, la présentation clinique, les diagnostics différentiels, les facteurs pronostiques et leur utilité dans la rééducation. Création de recommandations pour la kinésithérapie incluant la prescription d’exercices thérapeutiques, les adjuvants et la pharmacothérapie.

Méthodes : Non-détaillées. Analyse de la littérature par experts.

Résultats : Pathologie fréquente chez les 35-54 ans, 1-3%de la population générale, risque accru chez les fumeurs, joueurs de tennis et travailleurs manuels. Pathologie d’évolution spontanément favorable à un an (83 à 90% des patients rapportent une amélioration) bien que pas toujours complète. A un an, 1/3 des patients présentent toujours des symptômes malgré le traitement. Part importante de récurrence. 5% des patients ne sont pas améliorés par traitement conservateur et ont une chirurgie aux résultats variables.

Pathologie multimodale (modèle du continuum + changement neuro-moteurs et nociceptifs). Examen : reproduction à la mise en charge du tendon (triade douloureuse). Exclure les autres causes possibles. Évaluer le coude, épaule, cervicales et colonne thoracique. PRTEE-F et test de serrage indolore ainsi que PSFS sont des tests fonctionnels fiables et reproductibles pour mesurer la fonction et son évolution. L’imagerie peut exclure pas diagnostiquer. Pas d’association entre la sévérité de l’imagerie et des symptômes. Facteurs pronostiques : Stade, sévérité et limitations fonctionnelles, sensibilisation centrale, douleur cervicale ou de l’épaule associée, limitations neuro-motrices, facteurs psychosociaux / lié au travail. Traitements : médicaux : AINS en phase aiguë, injections non recommandées car retardent la récupération, antidépresseurs / antiépileptiques si sensibilisation centrale, PRP pas de preuves d’efficacité, prolothérapie, patchs d’oxyde nitrique après 6 mois de rééducation sans progrès si associés avec remise en charge. TMO : bénéfices à court terme si associée aux exercices. Pas de données sur le type, l’intensité, la fréquence ou la durée des exercices. Actuellement il est recommandé de graduellement augmenter la contrainte en se focalisant sur les extenseurs du poignet. Du fait de l’hétérogénéité des présentations => dosage individualisé selon stade sévérité et demande fonctionnelle initiale.

Risque bas : Éducation, conseils automédication = wait & see + rééducation après 6-12 semaines si pas d’amélioration.

Risque modéré : 8 à 12 semaines de rééducation recommandées.

Risque haut (PRTEE-F >54) sensibilisation centrale : gestion de la douleur puis rééducation.

Imagerie indiquée uniquement si échec kinésithérapie, et si pas de diagnostique différentiel, essayer patchs oxyde nitrique ou PRP + kiné.

Limites : Recommandations (pas une étude, méthodologie inconnue)

Coombes, B. K., Bisset, L., & Vicenzino, B. (2015). Management of Lateral Elbow Tendinopathy: One Size Does Not Fit All. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy, 45(11), 938–949. https://doi.org/10.2519/jospt.2015.5841

A propos

Bonjour,
Bienvenue, et merci de visiter mon site ! Voici une rapide présentation de qui je suis et de la raison de la création de ce Blog.

Je m’appelle Clément NOËL, je suis un kinésithérapeute Français qui adore interroger, questionner, apprendre et enseigner la kinésithérapie au quotidien. J’ai été diplômé en 2015, j’ai effectué diverses formations courtes puis j’ai commencé un Master Scientifique (MSc) sur la kinésithérapie musculosquelettique à l’université de Brighton au Royaume-Uni. C’est pour moi une expérience qui a changé ma vie et qui a marqué le début de mon « voyage d’Éternel Étudiant ».

Au travers de ce site, je souhaite partager ma passion avec vous et commencer à discuter de notre approche de la pratique de la kinésithérapie. Ce blog se veut un lieu pour que nous les professionnels de santé puissions mettre à l’épreuve nos idées, notre pratique et apprendre les uns des autres au travers du partage des opinions et de conversations amicales.

Vous trouverez ici: des articles de Blog, des résumés et liens d’articles scientifiques, des infographies et bien d’autres ressources.
Mon objectif principal est de partager avec vous le processus d’évolution de mon apprentissage que j’utilise pour améliorer ma pratique clinique; en espérant que cela puisse vous aider aussi !

J’espère que vous apprécierez la lecture de ce blog. Sentez vous libre de commenter si vous le souhaitez et je ferai de mon mieux pour répondre.

Lisez ce blog en Anglais SVP !

Vous pourriez vous demander pourquoi un kinésithérapeute Français a décidé d’écrire son Blog en Anglais … (Vous lisez ici une traduction de la version originale).
Voici les raisons qui m’ont poussé à écrire ce blog en Anglais.

Pour entrer dans mon programme de Master à l’Université de Brighton au Royaume-Uni, j’ai dû passer un test d’anglais. Beaucoup de confrères Français m’ont dit que c’était le frein principal à leur inscription à ce type de cursus …

Avant de m’inscrire à ce Master, je n’avais jamais eu l’occasion d’aller dans un pays anglophone pour apprendre l’anglais. Donc mon niveau était celui qu’on peut avoir après le lycée mais j’ai aussi lu des livres en anglais, regardé des séries et films en VO sans sous-titres, écouté des podcasts et émissions de radio en anglais etc.
J’ai dû passer par un certain inconfort, ne pas comprendre l’intégralité du film (livre ou autre) les premières semaines / mois et avec le temps je m’y suis habitué. J’ai prononcé de travers certains mots avant de pouvoir me corriger et m’améliorer … Toute compétence nécessite du temps pour se développer.

C’est juste … la VIE !

« On ne peut s’améliorer dans une compétence si on ne pratique pas cette compétence à un moment …  »

Donc si j’ai choisi de publier mon blog en anglais, c’est pour les raisons suivantes :

  • Premièrement, car de nos jours la recherche est majoritairement publiée en Anglais et les chercheurs du monde entier communiquent en Anglais. D’où l’utilité de la compréhension et l’expression écrite & orale.
  • Deuxièmement, lorsque cela sera possible je traduirai chaque publication de mon blog en Français. Pourtant, je vous recommande vivement de lire mon blog en Anglais. En effet, certaines ressources que je publie ou auxquelles je me réfère n’existent pas en Français, donc la version Anglaise du site est plus riche. De plus, je souhaitais que ce blog soit une opportunité de pratiquer sereinement son anglais. Je fournis une traduction Française au cas où il persiste une incompréhension pour bien comprendre le fond de l’article ou de la publication mais ma traduction peut-être moins précise. Dans tous les cas, du point de vue de la rigueur scientifique, nous devrions toujours lire l’article original et ne jamais se référer à une traduction d’un extrait ou résumé par quelqu’un lorsque l’on se réfère à un article (pour notre pratique clinique ou une discussion). En conséquence, vous devriez lire l’article original en Anglais après avoir lu mes posts dans tous les cas.
  • Enfin, je souhaite que le contenu de ce site soit accessible internationalement.

Au cours de mon Master, j’ai eu l’opportunité de rencontrer des personnes du monde entier et j’ai constaté que cette diversité enrichissait grandement les discussions avec des perspectives nouvelles … J’espère qu’un jour en France nous aurons la chance d’avoir des cursus de kinésithérapie complets en anglais pour permettre à des étudiants étrangers de s’y inscrire et de partager leurs visions (comme dans certains pays Européens).

Pour conclure, ce site est écrit en Anglais pour permettre un accès aux personnes du monde entier et pour souligner l’importance d’être capable de parler, comprendre et écrire ce langage utilisé par la communauté scientifique. Une traduction Française sera proposée lorsque cela est possible pour permettre un lieu d’apprentissage serein.

PS: Au sujet de la prononciation, vous trouverez ici une incroyable conférence (en anglais pour commencer à pratiquer) que j’ai découverte et qui m’a permi de me rappeler ce pourquoi on apprend l’Anglais dans notre discipline: pour partager et se comprendre. Donc exprimez-vous, & partagez vos idées! Le langage est là pour nous connecter, pas nous exclure.

« Savez-vous ce qu’est un accent étranger ? C’est un signe de courage ! » Amy Chua


With love. 😉

Clément

Clément NOËL

Sommaire des Articles

Vous trouverez ci-dessous la liste et les liens des résumés d’articles du Blog.

Je vous recommande vivement de lire l’article complet si un résumé a attiré votre attention. Tous les articles publiés sur ce site sont utiles et éclairent certains aspects de la pratique clinique.

Bonne lecture.

Clément

Raisonnement Clinique:

Soins centrés sur le patient:

Attentes individuelles : Un facteur négligé mais pertinent dans le traitement des individus ayant des douleurs MSK. (Bialosky, Bishop, & Cleland, 2010)

Les attentes quant aux bénéfices des traitements pour cervicalgies et l’influence qu’elles peuvent avoir sur les résultats. (Bishop, Mintken, Bialosky, & Cleland, 2013)

L’ouverture de l’entretien clinique dans les consultations musculosquelettique de l’adulte (Chester, Robinson, & Roberts, 2014)

Enseignements d’une étude sur l’acupuncture et le massage pour la lombalgie (Kalauokalani, Cherkin, Sherman, Koepsell, & Deyo, 2001)

Introduction aux effets placebo et nocebo sur la démangeaison et la douleur par suggestions verbales (Van Laarhoven et al., 2011)

Drapeaux Rouges:

Nuances de gris, le défi des plaintes liées au syndrome de la queue de cheval (SQC) chez les personnes âgées ayant une sténose lombaire. (Comer, Finucane, Mercer, & Greenhalgh, 2019)

Évaluation et traitement du SQC (Syndrome de la Queue de Cheval) (Greenhalgh, Finucane, Mercer, & Selfe, 2018)

Étude qualitative des drapeaux rouges pour les pathologies spinales graves (Greenhalgh & Selfe, 2009)

Quels sont les drapeaux rouges qui aident à la détection des pathologies métastatiques osseuses causant des lombalgies ? (Finucane, Greenhalgh, & Selfe, 2017)

Pathologie métastatique mimant la lombalgie mécanique ; les symptômes atypiques peuvent augmenter notre suspicion (Finucane, 2013)

Douleur:

Douleur neuropathique : Classification (Finnerup et al., 2016)

Nerfs:

L’efficacité des mobilisations neurales pour les pathologies musculosqueletiques : une Revue Systematique avec Meta Analyse. (Basson et al., 2017)

Les effets des neuromobilisations sur la dispersion des fluides dans le nerf médian au niveau du canal carpien : une étude cadavérique. (Boudier-Revéret et al., 2017)

Est-ce que les neuro-glissements provoquent un glissement neural et les techniques de tension nerveuse tendent le SN? (Coppieters & Butler, 2008)

Les mobilisations neurales contribuent à la régénération nerveuse par les facteurs de croissance des nerfs et l’augmentation de la protéine myéline zéro après une lésion du nerf sciatique (Da Silva et al., 2015)

Muscles & Tendons:

Colonne:

Le fluage, l’hystérésis / précontrainte : Les caractéristiques de déplacement-charge-temps de la colonne sous l’effet d’une mobilisation postéroantérieure (PA) (Lee & Evans, 1992)

Techniques:

Les mécanismes de la thérapie manuelle dans le traitement des douleurs musculo-squelettiques : un modèle global. (Bialosky, Bishop, Price, Robinson, & George, 2009)

Méchanotherapie : Comment la prescription d’exercices des thérapeutes promeut la réparation tissulaire (Khan & Scott, 2009)

L’effet de l’augmentation du nombre de sets, et des durées différentes des PA lombaires sur les PPT (Pentelka, Hebron, Shapleski, & Goldshtein, 2012)

Augmenter l’extensibilité musculaire : Est-ce une augmentation de longueur ou de modification de la sensation ? (Weppler & Magnusson, 2010)

Le “Pop” entendu lors des trusts à haute vitesse et les résultats sur la lombalgie (Flynn, Childs, & Fritz, 2006)

Le massage pour la lombalgie (Furlan, Giraldo, Baskwill, Irvin, & Imamura, 2015)

Tests:

Fiabilité et MIDC du WBLT : Une Revue Systématique (Powden, Hoch, & Hoch, 2015)

Valeurs normales de l’asymétrie au WBLT chez les adultes sains (Hoch & McKeon, 2011)

Cinématique normale de la colonne cervicale supérieure lors du test de flexion rotation (FRT) – Mesures in vivo en utilisant l’IRM (Takasaki et al., 2011)

Fiabilité, validité et précision diagnostique de la palpation du nerf sciatique, tibial et péronéal commun dans l’examen des douleurs référées dans la jambe dans la lombalgie (Walsh & Hall, 2009)

Validité de l’examen clinique sensitif pour détecter une dégénérescence des petites fibres nerveuses (Ridehalgh, Sandy-Hindmarch, & Schmid, 2018)

Tests de contrôle moteur de mouvements de la colonne lombaire ; évaluation de la différence entre lombalgiques et contrôles sains (Luomajoki, Kool, de Bruin, & Airaksinen, 2008)

Pathologies:

-Migraine Cervicogénique:

-Cervicalgie:

-Douleur d’épaule:

-Lombalgie:

-Canal lombaire étroit (sténose canalaire)

-Douleur latérale fessière:

Douleur de hanche / aine:

-Syndrome fémoro-patellaire:

L’activité musculaire des fessiers et le SFP : une Revue Systématique. (Barton, Lack, Malliaras, & Morrissey, 2013)

Douleur femoropatellaire (Willy et al., 2019)

La rééducation des muscles proximaux est efficace pour le SFP : une RS avec MA (Lack, Barton, Sohan, Crossley, & Morrissey, 2015)

Les coureurs avec un SFP ont une biomécanique altérée qui peut être modifiée avec des interventions ciblées (Neal, Barton, Gallie, O’Halloran, & Morrissey, 2016)

Il n’y a pas de différence dans la composition quantitative du cartilage évalué à l’IRM entre les patients avec SFP et les contrôles sains (Van Der Heijden et al., 2015)

L’exercice dans le traitement du SFP. Revue Cochrane (Van der Heijden, Lankhorst, Van Linschoten, Bierma-Zeinstra, & Van Middelkoop, 2015)

-Lésions méniscales:

Traitement chirurgical des lésions méniscales dégénératives (LMD) : Le consensus 2016 ESSKA. (Beaufils et al., 2017)

-Lésion des Ligaments Croisés Antérieurs:

Entorse de cheville: