La sciatique d’Alice

Voici le témoignage d’Alice qui a accepté de vous partager son histoire et son vécu de sa sciatique. Elle a écrit ce post et m’a autorisé à vous le partager ici.

Section 1 : la spirale

Tout a commencé en octobre 2018, j’avais 26 ans. Après une sortie vélo un peu mouvementée, je me réveille, du jour au lendemain, dans l’incapacité de me lever physiquement. Une douleur m’irradie et m’empêche d’utiliser mon dos : il s’agira en fait d’une sciatique de la jambe gauche. On me prescrit alors un traitement à base d’anti-inflammatoires ainsi qu’une bonne dose de repos totalement alitée en attendant que le mal passe (à mon plus grand regret). Cette spirale aura duré presque trois ans et eu lieu par épisodes : j’enchainais traitement médicamenteux et repos total tous les deux- trois mois. Et au delà de la douleur physique, invisible pour les autres, j’ai commencé à ressentir un véritable mal être. Je me posais sans cesse cette question : « comment expliquer ce qui m’arrive alors que j’ai toujours veillé à avoir une hygiène de vie impeccable ? » ancienne athlète de haut niveau, pratique courante du sport, pas d’alcool, pas de tabac… Je m’étais mise en tête de trouver la cause mécanique de mon mal de dos.

Section 2 : fin de la spirale et début de la kinésithérapie

Durant ces trois années, j’ai développé une peur du mouvement. Par peur d’avoir mal au dos, j’évitais par précaution tous les clichés possibles et imaginables : ne pas porter de charges lourdes, ne pas se baisser sans plier les genoux, arrêter le sport… Bref, éviter au maximum de solliciter mon dos pour le protéger. Et malgré toutes ces précautions, j’enchainais les épisodes douloureux et ne parvenais toujours pas à en trouver la cause. Jusqu’en juin 2021. La prise d’anti-inflammatoires ne faisait pour la première fois plus effet. Je souffrais véritablement jour et nuit, et ne dormais quasiment plus car la douleur me réveillait. On me prescrit alors une IRM dont la conclusion sera une hernie discale: je suis immédiatement orientée vers un spécialiste pour faire des infiltrations. Sauf que cette procédure me terrorise car l’un de mes proches ne l’a pas bien vécu. Je décide donc de prendre l’avis de plusieurs médecins et l’un d’eux me propose d’essayer la kinésithérapie.

Section 3 : ce que j’ai appris avec le kiné 

Je ne connaissais pas vraiment le monde de la kinésithérapie, mais j’y fondais beaucoup d’espoir. Dès la première séance, je me rends compte que je suis très mal informée au sujet des lombalgies (comme finalement la plupart d’entre nous) et que mettre mon corps au repos était une véritable erreur. En parallèle des séances de kinésithérapie, je recommence progressivement à avoir une vie normale et à ne plus avoir peur de solliciter mon dos (port de charges, reprise du sport…). Etant très impliquée dans ce processus, je réalise d’ailleurs mes exercices entre les séances avec assiduité. Je me sentais mieux, mais pas sortie d’affaire : ma progression est très oscillante et je ressens constamment cette sensation de faiblesse au niveau de ma jambe gauche. J’ai beaucoup de mal à comprendre pourquoi je ne guérissais pas alors que je prenais cette démarche thérapeutique très au sérieux. C’est en lisant un article de recherche sur la lombalgie que j’ai eu un déclic : j’ai compris que le mal que je ressentais n’était pas forcément lié à un facteur mécanique mais pouvait être lié à un facteur psychologique. J’ai donc réalisé que, d’une part, j’avais trop d’attentes envers mon kiné, ce qui créait une pression psychologique défavorable, et d’autre part, je faisais mes exercices de façon robotique sans vraiment essayer de ressentir les effets sur mon corps et savoir in fine ce qui me faisait du bien ou pas. Frustrée de ne pas trouver de cause mécanique depuis toutes ces années, je continue également de creuser l’aspect psychologique en remontant mon passé jusque 2018. Et je réalise que cette année est particulièrement riche en émotions car elle est celle de la perte de l’un de mes parents, justement quelques mois avant le déclenchement de ma lombalgie. Etant de nature à tout intérioriser, il est très probable que mon mal-être se soit donc exprimé via cette lombalgie. Ayant accepté tout cela, j’ai abordé mes séances de kiné sous un nouvel angle : à l’écoute de mon corps et surtout pleine de résilience. Et les séances sont devenues de plus en plus efficaces.

Section 4 : ma vie aujourd’hui

Je suis aujourd’hui capable de gérer la douleur, c’est à dire, cibler les exercices qui me sont bénéfiques en fonction du mal que je ressens. Je ne suis pas encore guérie, je ne le serais peut-être jamais, mais je suis heureuse d’avoir repris une vie (presque) normale ! 

Tennis Elbow ou Douleur / Tendinopathie latérale de coude ou Epicondylalgie

Il existe plusieurs appellations pour ce problème : Tennis elbow, douleur latérale de coude, tendinopathie des extenseurs du coude, épicondylalgie, épicondylite … Elles se réfèrent toutes au même diagnostique.

Est-ce fréquent ?

C’est un problème fréquent chez les personnes entre 35 et 54 ans. Cette pathologie touche 1 à 3% de la population générale avec un risque accru chez les personnes tabagiques, les travailleurs manuels et les joueurs de tennis.

Quelle est l’évolution ?

Pour nombre de patients, les symptômes sont spontanément résolutifs. Les études indiquent que 83 à 90% des patients n’ayant pas reçu de traitement rapportent une amélioration significative, bien que parfois incomplète, à un an. Cependant 1/3 des patients présentent une gêne prolongée après un an malgré les traitements. Une part importante de patients vivent une récurrence des symptômes après l’épisode initial.

Les estimations suggèrent que 5% des patients ne répondent pas au traitement conservateur et passent par une opération avec des résultats variables.

Qu’est-ce que c’est, que se passe t’il ?

L’épicondylalgie est multimodale, il ne s’agit pas que d’un problème structurel ou mécanique. Le modèle actuel suggère certes des changements dans la matrice et les cellules du tendon, mais accompagnés par des altérations du système de la douleur et des modifications de la fonction du système sensitif et moteur.

Comment le diagnostiquer ?

Le diagnostic est clinique par provocation des symptômes en contraignant les tendons affectés. La douleur doit être reproduite à l’épicondyle par : palpation, contraction résistée du poignet, index ou majeur, et serrage d’un objet. Un examen clinique plus approfondi peut être nécessaire pour exclure d’autres causes possibles.

Dois-je faire une imagerie ?

L’IRM et l’échographie ont une bonne capacité à exclure la présence de l’épicondylalgie si l’imagerie est normale mais ne peuvent la diagnostiquer si les signes sont présents. Cela du fait de la présence de ces mêmes changements des tendons chez les individus asymptomatiques. Les études indiquent que l’on retrouve les mêmes signes à l’imagerie dans 50% des cas à l’IRM et 53% à l’échographie chez des individus sans douleurs ni problème ! En revanche lorsque les symptômes sont présents les modifications sont retrouvées à l’imagerie dans 90% des cas.

De plus les études indiquent qu’il n’y a pas de lien entre la sévérité des symptômes et la sévérité des changements identifiés à l’imagerie pour cette pathologie et les autres tendinopathies chroniques. Ainsi l’imagerie ne peut diagnostiquer le tennis elbow mais peut exclure ce diagnostic.

Quels sont les facteurs qui affectent la récupération ?

Malheureusement, il n’y a pas de traitement universel efficace pour tous les patients avec un tennis elbow. Le fait que les présentations cliniques et la physiopathologie soient hétérogènes suggèrent qu’un traitement individualisé est plus susceptible d’être efficace. 6 facteurs influençant les résultats ont été identifiés :

  1. Le stade de la tendinopathie, réactive, dégénérative ou entre les deux. Le traitement proposé peut varier en fonction du stade.
  2. La sévérité des symptômes initiaux. Plus ils sont intenses, moins bon est le pronostic à long terme.
  3. La présence d’une sensibilisation centrale est un signe de pronostic moins favorable. C’est une altération du système nerveux rendant des stimuli légers très douloureux, avec des changements de la perception à la température rendant le froid douloureux entre autres …
  4. La présence d’une douleur concomitante à l’épaule ou la nuque. Les douleurs cervicales associées sont généralement signe d’un moins bon pronostic à long-terme, tandis que les douleurs d’épaule sont souvent accompagnées d’un moins bon pronostic à court-terme.
  5. Les limitations neuromusculaires associées telles que le déficit de force du muscle court extenseur radial du carpe, un serrage effectué en flexion de poignet, une faiblesse globale du membre affecté, et un déficit de vitesse de mouvement et du temps de réaction musculaire des 2 bras chez les patients avec un tennis elbow d’un seul côté. Si ces limitations ne sont pas identifiées et traitées, elles pourraient être à l’origine de la chronicisation du problème.
  6. Les facteurs psychosociaux et liés au travail. Ces facteurs ont été identifiés comme associés à une augmentation de la fréquence de l’épicondylalgie et à un pronostic moins bon à un an. Ces facteurs incluent : l’utilisation d’outils, le port de charges lourdes, les mouvements répétitifs, les activités de force avec le poignet en flexion et un faible contrôle sur son travail.

D’autre part on sait que la santé des tendons est affectée par l’hygiène de vie. Les éléments suivants sont des facteurs de risque de développer des problèmes tendineux.

  • Le tabagisme
  • L’obésité
  • Une alimentation riche en graisses
  • Une alimentation riche en nourriture transformée
  • Le manque d’activité physique
  • Des taux de cholestérols élevés
  • Le diabète
  • Des changements brutaux dans les niveaux d’activité physique

Quels sont les traitements possibles ?

Traitement médicamenteux : Les anti-inflammatoires oraux (AINS) ont des résultats conflictuels dans les études. Il est supposé qu’ils seraient plus utiles dans les phases réactives.

Les injections de corticostéroïdes : (infiltrations). Nous avons des preuves solides que les corticostéroïdes (injections) permettent un soulagement à court terme mais entrainent des résultats moins bons à 6 mois et un an ainsi qu’une augmentation du nombre de récidives par rapport à l’absence de traitement ou à la kinésithérapie. De plus l’ajout de kinésithérapie ne rattrape pas le retard de récupération créé par une injection unique de corticostéroïdes. De ce fait les injections de corticostéroïdes ne sont pas recommandées en première intention.

Les antidépresseurs et antiépileptiques peuvent être indiqués chez les patients avec une suspicion de sensibilisation centrale bien qu’aucune étude n’ait été menée sur ce sous-groupe en particulier mais sur d’autres groupes avec une sensibilisation centrale (fibromyalgie).

La prolothérapie (PRP) et les patchs d’oxyde nitrique ont démontré des effets à long terme chez les patients avec une épicondylalgie persistante (>3mois). Cependant leur efficacité dépend du stimulus qui les accompagne car les patch et l’étirement uniquement n’ont pas démontré d’effet. Malgré l’engouement actuel il y a de plus en plus de preuves que l’injection de produits sanguins riches en plaquettes, ou autres dérivés sanguins ne sont pas efficaces pour traiter l’épicondylalgie.

La thérapie manuelle orthopédique TMO : Il y a des preuves modérées sur les effets immédiats de la TMO sur la douleur et la force de serrage indolore ainsi que des bénéfices à court-terme lorsqu’utilisée en conjugaison avec des exercices graduels. Il y a aussi des preuves modérées que la thérapie manuelle de la région cervicale et thoracique a des effets additionnels en plus du traitement local lors de la présence de limitations cervicales et thoraciques.

Les exercices thérapeutiques : Les exercices sont cruciaux dans le traitement de l’épicondylalgie avec des preuves d’efficacité des exercices seuls ou comme part d’une approche multimodale. Chez les patients avec une épicondylalgie chronique les exercices ont démontré une diminution plus rapide de la douleur, moins d’arrêts de travail, moins de consultations médicales, et une plus grande capacité de travail. Bien que les effets soient marqués, il n’y a ce jour pas de recommandations sur le type de contraintes, l’intensité, la fréquence, ou la durée optimale pour ces exercices. Les recommandations sont actuellement vers une augmentation graduelle de la résistance, se focalisant sur les extenseurs du poignet.

Les avis divergent aussi quant à la présence de douleur pendant les exercices, certains insistent sur le fait que la douleur doit être évitée, d’autres sont d’avis qu’elle doit rester supportable (<5/10). Du fait de l’hétérogénéité des présentations cliniques de l’épicondylalgie, il est probable que le mode et le dosage optimal soit différent pour chaque patient selon le stade, la sévérité et la demande fonctionnelle avant blessure.

La pédagogie : L’évolution naturelle de la pathologie est favorable. Les délais peuvent être longs : 12 semaines de rééducation, parfois 1 an pour une amélioration des symptômes, amélioration parfois partielle. Possibilité de récurrences. Certains facteurs augmentent les risques de développer ou d’entretenir le problème. La prise en charge est multimodale et adaptée à chacun. Il existe différentes options thérapeutiques avec des résultats différents. Le repos relatif initial (sur les contraintes déclenchant les symptômes) est important puis la remise en contrainte graduelle l’est encore plus pour retrouver une fonctionnalité du membre. Il est important de graduellement réintroduire les taches plus difficiles et de réduire la difficulté si une récurrence des symptômes est expérimentée.

Bibliographie / Sources :

(Coombes, Bisset, & Vicenzino, 2015; Hoogvliet, Randsdorp, Dingemanse, Koes, & Huisstede, 2013; Vuvan, Vicenzino, Mellor, Heales, & Coombes, 2019)

Coombes, B. K., Bisset, L., & Vicenzino, B. (2015). Management of Lateral Elbow Tendinopathy: One Size Does Not Fit All. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy, 45(11), 938–949. https://doi.org/10.2519/jospt.2015.5841

Hoogvliet, P., Randsdorp, M. S., Dingemanse, R., Koes, B. W., & Huisstede, B. M. A. (2013). Does effectiveness of exercise therapy and mobilization techniques offer guidance for the treatment of lateral and medial epicondylitis? A systematic review. British Journal of Sports Medicine, 47(17), 1112–1119. https://doi.org/10.1136/bjsports-2012-091990

Vuvan, V., Vicenzino, B., Mellor, R., Heales, L. J., & Coombes, B. K. (2019). Unsupervised Isometric Exercise versus Wait-and-See for Lateral Elbow Tendinopathy. Medicine and Science in Sports and Exercise, 52(2), 287–295. https://doi.org/10.1249/MSS.0000000000002128

Programme d’auto-exercices isométriques versus wait-and-see pour le tennis elbow

(Vuvan, Vicenzino, Mellor, Heales, & Coombes, 2019)

Buts : Étudier les effets à 8 semaines d’un programme d’auto-exercices isométriques non supervisés en comparaison a une approche attentiste pour le tennis elbow unilatéral sur la douleur, fonction, amélioration globale et la force de serrage indolore.

Méthodes : Étude contrôlée randomisée. Inclusion 18-70 ans, LET unilatéral >6 semaines, douleurs >2 en moyenne, provoquée par 2 des tests suivants : serrage, palpation, étirement, contraction résistée, réduction de la force de serrage indolore. Exclusion : autre diagnostique, autre plainte MSK > au tennis elbow, problème neuro, inflammatoire, systémique, traitement dans les 3 mois précédents, trauma majeur, fracture ou opération dans l’année précédente. Tous les patients ont reçu des consignes verbales et écrites sur l’auto-traitement et l’ergonomie. Le groupe exercice a eu en plus : des informations sur un programme de 8 semaines d’exercices quotidiens isométriques progressifs sur-mesure par rapport à leur contraction maximale volontaire. Un journal d’exercices pour mesurer l’adhérence et les symptômes était à remplir chaque jour. L’adhérence a été mesurée en % des 56 sessions réalisées. Évaluateur à l’aveugle, randomisation informatique (stratifiée entre les patients avec douleurs <5 ou >6 au départ). Mesures : PRTEE, GROC, serrage indolore. Analyse statistique. 533 sujets on répondu 40 sélectionnés n=21 exercice, n=19 wait & see. Suivi de 98%.

Résultats : Le groupe exercice avait un meilleur score PRTEE à 8 semaines en comparaison du groupe attentiste (SMD -0.92, 95% CI -1.58 to -0.26, P = 0.006). Pas de ≠ pour le GROC ou le serrage indolore. 90% ont complété plus de 71% des sessions prescrites. Pas d’évènement indésirable. L’utilisation d’interventions conjointes était similaire entre les 2 groupes.

Limites : Puissance de calculée sur le PRTEE pas les 2 autres mesures. Uniquement des patients non-sévères. Programme <10min / jour.

En pratique : Ce protocole de d’auto-traitement par les exercices isométriques a un effet modéré sur le PRTEE en comparaison au groupe attentiste, mais pas sur le GROC ou le serrage à 8 semaines.

Vuvan, V., Vicenzino, B., Mellor, R., Heales, L. J., & Coombes, B. K. (2019). Unsupervised Isometric Exercise versus Wait-and-See for Lateral Elbow Tendinopathy. Medicine and Science in Sports and Exercise, 52(2), 287–295. https://doi.org/10.1249/MSS.0000000000002128

Est-ce que l’efficacité des exercices thérapeutiques et des techniques de mobilisations offrent des indications pour le traitement de l’épicondylite médiale / latérale ?

(Hoogvliet, Randsdorp, Dingemanse, Koes, & Huisstede, 2013)

Buts : Évaluer les preuves d’efficacité des exercices thérapeutiques et des techniques de mobilisation pour l’épicondylite médiale et latérale.

Méthodes : RS sur 4 bases de données, 2 reviewers indépendants ont extrait et évalué la qualité méthodologique des données. Articles en Français, Allemand, Néerlandais, et Anglais. La qualité a été évaluée selon un score (Furlan). L’hétérogénéité des données n’a pas permis une méta-analyse, d’où l’utilisation de la synthèse des meilleures preuves.

Résultats : Niveau de preuve modéré pour un effet à court terme du stretching + exercices de renforcement comparé aux US + frictions. Effets à court et moyen terme des manipulations cervicales et thoraciques en adjonction au travail concentrique et excentrique + mobilisation de poignet et avant-bras chez les patients avec épicondylite latérale. Pour tous les autres traitements, des preuves limitées, conflictuelles ou absentes ont été trouvées.

Limites : Pas de méta-analyse, niveau de preuve faible (1 article de haute qualité, le reste modéré ou faible).

En pratique : Nous n’avons pas de preuves fortes pour le traitement de l’épicondylite. A notre connaissance actuelle, la meilleure option reste les exercices thérapeutiques, le stretching, +/- la TMO en adjuvant.

Hoogvliet, P., Randsdorp, M. S., Dingemanse, R., Koes, B. W., & Huisstede, B. M. A. (2013). Does effectiveness of exercise therapy and mobilization techniques offer guidance for the treatment of lateral and medial epicondylitis? A systematic review. British Journal of Sports Medicine, 47(17), 1112–1119. https://doi.org/10.1136/bjsports-2012-091990

Traitement de la tendinopathie latérale de coude

(Coombes, Bisset, & Vicenzino, 2015)

Buts : Compiler les preuves scientifiques et avis d’experts sur la physiopathologie, la présentation clinique, les diagnostics différentiels, les facteurs pronostiques et leur utilité dans la rééducation. Création de recommandations pour la kinésithérapie incluant la prescription d’exercices thérapeutiques, les adjuvants et la pharmacothérapie.

Méthodes : Non-détaillées. Analyse de la littérature par experts.

Résultats : Pathologie fréquente chez les 35-54 ans, 1-3%de la population générale, risque accru chez les fumeurs, joueurs de tennis et travailleurs manuels. Pathologie d’évolution spontanément favorable à un an (83 à 90% des patients rapportent une amélioration) bien que pas toujours complète. A un an, 1/3 des patients présentent toujours des symptômes malgré le traitement. Part importante de récurrence. 5% des patients ne sont pas améliorés par traitement conservateur et ont une chirurgie aux résultats variables.

Pathologie multimodale (modèle du continuum + changement neuro-moteurs et nociceptifs). Examen : reproduction à la mise en charge du tendon (triade douloureuse). Exclure les autres causes possibles. Évaluer le coude, épaule, cervicales et colonne thoracique. PRTEE-F et test de serrage indolore ainsi que PSFS sont des tests fonctionnels fiables et reproductibles pour mesurer la fonction et son évolution. L’imagerie peut exclure pas diagnostiquer. Pas d’association entre la sévérité de l’imagerie et des symptômes. Facteurs pronostiques : Stade, sévérité et limitations fonctionnelles, sensibilisation centrale, douleur cervicale ou de l’épaule associée, limitations neuro-motrices, facteurs psychosociaux / lié au travail. Traitements : médicaux : AINS en phase aiguë, injections non recommandées car retardent la récupération, antidépresseurs / antiépileptiques si sensibilisation centrale, PRP pas de preuves d’efficacité, prolothérapie, patchs d’oxyde nitrique après 6 mois de rééducation sans progrès si associés avec remise en charge. TMO : bénéfices à court terme si associée aux exercices. Pas de données sur le type, l’intensité, la fréquence ou la durée des exercices. Actuellement il est recommandé de graduellement augmenter la contrainte en se focalisant sur les extenseurs du poignet. Du fait de l’hétérogénéité des présentations => dosage individualisé selon stade sévérité et demande fonctionnelle initiale.

Risque bas : Éducation, conseils automédication = wait & see + rééducation après 6-12 semaines si pas d’amélioration.

Risque modéré : 8 à 12 semaines de rééducation recommandées.

Risque haut (PRTEE-F >54) sensibilisation centrale : gestion de la douleur puis rééducation.

Imagerie indiquée uniquement si échec kinésithérapie, et si pas de diagnostique différentiel, essayer patchs oxyde nitrique ou PRP + kiné.

Limites : Recommandations (pas une étude, méthodologie inconnue)

Coombes, B. K., Bisset, L., & Vicenzino, B. (2015). Management of Lateral Elbow Tendinopathy: One Size Does Not Fit All. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy, 45(11), 938–949. https://doi.org/10.2519/jospt.2015.5841

A propos

Bonjour,
Bienvenue, et merci de visiter mon site ! Voici une rapide présentation de qui je suis et de la raison de la création de ce Blog.

Je m’appelle Clément NOËL, je suis un kinésithérapeute Français qui adore interroger, questionner, apprendre et enseigner la kinésithérapie au quotidien. J’ai été diplômé en 2015, j’ai effectué diverses formations courtes puis j’ai commencé un Master Scientifique (MSc) sur la kinésithérapie musculosquelettique à l’université de Brighton au Royaume-Uni. C’est pour moi une expérience qui a changé ma vie et qui a marqué le début de mon « voyage d’Éternel Étudiant ».

Au travers de ce site, je souhaite partager ma passion avec vous et commencer à discuter de notre approche de la pratique de la kinésithérapie. Ce blog se veut un lieu pour que nous les professionnels de santé puissions mettre à l’épreuve nos idées, notre pratique et apprendre les uns des autres au travers du partage des opinions et de conversations amicales.

Vous trouverez ici: des articles de Blog, des résumés et liens d’articles scientifiques, des infographies et bien d’autres ressources.
Mon objectif principal est de partager avec vous le processus d’évolution de mon apprentissage que j’utilise pour améliorer ma pratique clinique; en espérant que cela puisse vous aider aussi !

J’espère que vous apprécierez la lecture de ce blog. Sentez vous libre de commenter si vous le souhaitez et je ferai de mon mieux pour répondre.

Lisez ce blog en Anglais SVP !

Vous pourriez vous demander pourquoi un kinésithérapeute Français a décidé d’écrire son Blog en Anglais … (Vous lisez ici une traduction de la version originale).
Voici les raisons qui m’ont poussé à écrire ce blog en Anglais.

Pour entrer dans mon programme de Master à l’Université de Brighton au Royaume-Uni, j’ai dû passer un test d’anglais. Beaucoup de confrères Français m’ont dit que c’était le frein principal à leur inscription à ce type de cursus …

Avant de m’inscrire à ce Master, je n’avais jamais eu l’occasion d’aller dans un pays anglophone pour apprendre l’anglais. Donc mon niveau était celui qu’on peut avoir après le lycée mais j’ai aussi lu des livres en anglais, regardé des séries et films en VO sans sous-titres, écouté des podcasts et émissions de radio en anglais etc.
J’ai dû passer par un certain inconfort, ne pas comprendre l’intégralité du film (livre ou autre) les premières semaines / mois et avec le temps je m’y suis habitué. J’ai prononcé de travers certains mots avant de pouvoir me corriger et m’améliorer … Toute compétence nécessite du temps pour se développer.

C’est juste … la VIE !

« On ne peut s’améliorer dans une compétence si on ne pratique pas cette compétence à un moment …  »

Donc si j’ai choisi de publier mon blog en anglais, c’est pour les raisons suivantes :

  • Premièrement, car de nos jours la recherche est majoritairement publiée en Anglais et les chercheurs du monde entier communiquent en Anglais. D’où l’utilité de la compréhension et l’expression écrite & orale.
  • Deuxièmement, lorsque cela sera possible je traduirai chaque publication de mon blog en Français. Pourtant, je vous recommande vivement de lire mon blog en Anglais. En effet, certaines ressources que je publie ou auxquelles je me réfère n’existent pas en Français, donc la version Anglaise du site est plus riche. De plus, je souhaitais que ce blog soit une opportunité de pratiquer sereinement son anglais. Je fournis une traduction Française au cas où il persiste une incompréhension pour bien comprendre le fond de l’article ou de la publication mais ma traduction peut-être moins précise. Dans tous les cas, du point de vue de la rigueur scientifique, nous devrions toujours lire l’article original et ne jamais se référer à une traduction d’un extrait ou résumé par quelqu’un lorsque l’on se réfère à un article (pour notre pratique clinique ou une discussion). En conséquence, vous devriez lire l’article original en Anglais après avoir lu mes posts dans tous les cas.
  • Enfin, je souhaite que le contenu de ce site soit accessible internationalement.

Au cours de mon Master, j’ai eu l’opportunité de rencontrer des personnes du monde entier et j’ai constaté que cette diversité enrichissait grandement les discussions avec des perspectives nouvelles … J’espère qu’un jour en France nous aurons la chance d’avoir des cursus de kinésithérapie complets en anglais pour permettre à des étudiants étrangers de s’y inscrire et de partager leurs visions (comme dans certains pays Européens).

Pour conclure, ce site est écrit en Anglais pour permettre un accès aux personnes du monde entier et pour souligner l’importance d’être capable de parler, comprendre et écrire ce langage utilisé par la communauté scientifique. Une traduction Française sera proposée lorsque cela est possible pour permettre un lieu d’apprentissage serein.

PS: Au sujet de la prononciation, vous trouverez ici une incroyable conférence (en anglais pour commencer à pratiquer) que j’ai découverte et qui m’a permi de me rappeler ce pourquoi on apprend l’Anglais dans notre discipline: pour partager et se comprendre. Donc exprimez-vous, & partagez vos idées! Le langage est là pour nous connecter, pas nous exclure.

« Savez-vous ce qu’est un accent étranger ? C’est un signe de courage ! » Amy Chua


With love. 😉

Clément

Clément NOËL

Sommaire des Articles

Vous trouverez ci-dessous la liste et les liens des résumés d’articles du Blog.

Je vous recommande vivement de lire l’article complet si un résumé a attiré votre attention. Tous les articles publiés sur ce site sont utiles et éclairent certains aspects de la pratique clinique.

Bonne lecture.

Clément

Raisonnement Clinique:

Soins centrés sur le patient:

Attentes individuelles : Un facteur négligé mais pertinent dans le traitement des individus ayant des douleurs MSK. (Bialosky, Bishop, & Cleland, 2010)

Les attentes quant aux bénéfices des traitements pour cervicalgies et l’influence qu’elles peuvent avoir sur les résultats. (Bishop, Mintken, Bialosky, & Cleland, 2013)

L’ouverture de l’entretien clinique dans les consultations musculosquelettique de l’adulte (Chester, Robinson, & Roberts, 2014)

Enseignements d’une étude sur l’acupuncture et le massage pour la lombalgie (Kalauokalani, Cherkin, Sherman, Koepsell, & Deyo, 2001)

Introduction aux effets placebo et nocebo sur la démangeaison et la douleur par suggestions verbales (Van Laarhoven et al., 2011)

Drapeaux Rouges:

Nuances de gris, le défi des plaintes liées au syndrome de la queue de cheval (SQC) chez les personnes âgées ayant une sténose lombaire. (Comer, Finucane, Mercer, & Greenhalgh, 2019)

Évaluation et traitement du SQC (Syndrome de la Queue de Cheval) (Greenhalgh, Finucane, Mercer, & Selfe, 2018)

Étude qualitative des drapeaux rouges pour les pathologies spinales graves (Greenhalgh & Selfe, 2009)

Quels sont les drapeaux rouges qui aident à la détection des pathologies métastatiques osseuses causant des lombalgies ? (Finucane, Greenhalgh, & Selfe, 2017)

Pathologie métastatique mimant la lombalgie mécanique ; les symptômes atypiques peuvent augmenter notre suspicion (Finucane, 2013)

Douleur:

Douleur neuropathique : Classification (Finnerup et al., 2016)

Nerfs:

L’efficacité des mobilisations neurales pour les pathologies musculosqueletiques : une Revue Systematique avec Meta Analyse. (Basson et al., 2017)

Les effets des neuromobilisations sur la dispersion des fluides dans le nerf médian au niveau du canal carpien : une étude cadavérique. (Boudier-Revéret et al., 2017)

Est-ce que les neuro-glissements provoquent un glissement neural et les techniques de tension nerveuse tendent le SN? (Coppieters & Butler, 2008)

Les mobilisations neurales contribuent à la régénération nerveuse par les facteurs de croissance des nerfs et l’augmentation de la protéine myéline zéro après une lésion du nerf sciatique (Da Silva et al., 2015)

Muscles & Tendons:

Colonne:

Le fluage, l’hystérésis / précontrainte : Les caractéristiques de déplacement-charge-temps de la colonne sous l’effet d’une mobilisation postéroantérieure (PA) (Lee & Evans, 1992)

Techniques:

Les mécanismes de la thérapie manuelle dans le traitement des douleurs musculo-squelettiques : un modèle global. (Bialosky, Bishop, Price, Robinson, & George, 2009)

Méchanotherapie : Comment la prescription d’exercices des thérapeutes promeut la réparation tissulaire (Khan & Scott, 2009)

L’effet de l’augmentation du nombre de sets, et des durées différentes des PA lombaires sur les PPT (Pentelka, Hebron, Shapleski, & Goldshtein, 2012)

Augmenter l’extensibilité musculaire : Est-ce une augmentation de longueur ou de modification de la sensation ? (Weppler & Magnusson, 2010)

Le “Pop” entendu lors des trusts à haute vitesse et les résultats sur la lombalgie (Flynn, Childs, & Fritz, 2006)

Le massage pour la lombalgie (Furlan, Giraldo, Baskwill, Irvin, & Imamura, 2015)

Tests:

Fiabilité et MIDC du WBLT : Une Revue Systématique (Powden, Hoch, & Hoch, 2015)

Valeurs normales de l’asymétrie au WBLT chez les adultes sains (Hoch & McKeon, 2011)

Cinématique normale de la colonne cervicale supérieure lors du test de flexion rotation (FRT) – Mesures in vivo en utilisant l’IRM (Takasaki et al., 2011)

Fiabilité, validité et précision diagnostique de la palpation du nerf sciatique, tibial et péronéal commun dans l’examen des douleurs référées dans la jambe dans la lombalgie (Walsh & Hall, 2009)

Validité de l’examen clinique sensitif pour détecter une dégénérescence des petites fibres nerveuses (Ridehalgh, Sandy-Hindmarch, & Schmid, 2018)

Tests de contrôle moteur de mouvements de la colonne lombaire ; évaluation de la différence entre lombalgiques et contrôles sains (Luomajoki, Kool, de Bruin, & Airaksinen, 2008)

Pathologies:

-Migraine Cervicogénique:

-Cervicalgie:

-Douleur d’épaule:

-Lombalgie:

-Canal lombaire étroit (sténose canalaire)

-Douleur latérale fessière:

Douleur de hanche / aine:

-Syndrome fémoro-patellaire:

L’activité musculaire des fessiers et le SFP : une Revue Systématique. (Barton, Lack, Malliaras, & Morrissey, 2013)

Douleur femoropatellaire (Willy et al., 2019)

La rééducation des muscles proximaux est efficace pour le SFP : une RS avec MA (Lack, Barton, Sohan, Crossley, & Morrissey, 2015)

Les coureurs avec un SFP ont une biomécanique altérée qui peut être modifiée avec des interventions ciblées (Neal, Barton, Gallie, O’Halloran, & Morrissey, 2016)

Il n’y a pas de différence dans la composition quantitative du cartilage évalué à l’IRM entre les patients avec SFP et les contrôles sains (Van Der Heijden et al., 2015)

L’exercice dans le traitement du SFP. Revue Cochrane (Van der Heijden, Lankhorst, Van Linschoten, Bierma-Zeinstra, & Van Middelkoop, 2015)

-Lésions méniscales:

Traitement chirurgical des lésions méniscales dégénératives (LMD) : Le consensus 2016 ESSKA. (Beaufils et al., 2017)

-Lésion des Ligaments Croisés Antérieurs:

Entorse de cheville:

Est-ce que les exercices devraient être douloureux dans la gestion des douleurs MSK chroniques ? Une revue systématique avec meta-analyse

(Smith, Hendrick, O Smith, & Al., 2017)

Buts : Comparer les effets des exercices dans lesquels la douleur est autorisée / encouragée en comparaison avec les exercices indolores sur la douleur, la fonction ou l’incapacité chez les patients avec des douleurs chroniques musculosquelettiques dans des essais contrôlés randomisés.

Méthode : Revue systématique 9 articles inclus, au total 385 participants avec des douleurs >3mois.

Résultats : Différence petite mais significative en faveur des exercices dans la douleur à court terme, preuve de qualité modérée, petite taille d’effet (-0,27) sur la douleur rapportée par le patient. Il semble qu’il n’y ait pas de différence dans la douleur reportée par les patients à moyen et long terme ; qualité modérée à basse. Les instructions quant à la douleur étaient différentes, il n’est pas clair si cela a eu un effet.

Limites : Aucune des études n’a enregistré les niveaux de douleur pendant les exercices. La formulation des consignes (douleur / pas de douleur) peut potentiellement affecter les résultats, les effets des consignes ne sont pas clarifiés. Les études incluaient diverses zones, lombalgie, douleurs d’épaules, douleurs achilléennes, douleurs plantaires.

En pratique : Cela impacte les conseils / conversations avec les patients. La douleur pendant les exercices dans les douleurs chroniques n’est pas dangereuse et n’empêche pas les progrès.

Smith, B., Hendrick, P., O Smith, T., & Al., E. (2017). Should Exercises be painful in the management of chronic msk pain. BJSM, 1–10. https://doi.org/10.1136/bjsports-2016097383

Cinématique normale de la colonne cervicale supérieure lors du test de flexion rotation (FRT) – Mesures in vivo en utilisant l’IRM

(Takasaki et al., 2011)

Buts : Les objectifs de cette étude étaient 1) d’évaluer la fiabilité de la mesure des mouvements cervicaux supérieurs par le FRT en comparant à l’IRM et 2) d’étudier la validité du FRT.

Méthodes : Étude IRM sur 12 femmes sans pathologie.

Résultats : Le FRT est une mesure valide et fiable (fiabilité substantielle) de la rotation de la colonne cervicale supérieure (mieux encore si réalisé 2 fois plutôt qu’une). Norme 45° de chaque côté. Positif si <33°.

Limites : Petit échantillon, sujets sains, uniquement composé de femmes, jeunes (22 ans en moyenne), de taille 141cm en moyenne.

En pratique : Le FRT est une méthode valide et fiable de la rotation de C1-C2.

Takasaki, H., Hall, T., Oshiro, S., Kaneko, S., Ikemoto, Y., & Jull, G. (2011). Normal kinematics of the upper cervical spine during the Flexion-Rotation Test – In vivo measurements using magnetic resonance imaging. Manual Therapy, 16(2), 167–171. https://doi.org/10.1016/j.math.2010.10.002

Introduction aux effets placebo et nocebo sur la démangeaison et la douleur par suggestions verbales

(Van Laarhoven et al., 2011)

Buts : Étudier les effets placebo et nocebo induits par suggestion verbale sur la démangeaison et la douleur.

Méthode : 105 femmes ont été assignées à l’un des 4 groupes: (démangeaison nocebo n=36 vs contrôle n=20 ou douleur nocebo n=33 vs contrôle n=16). Les sujets groupes démangeaison / douleur nocebo étaient avertis par une suggestion verbale que 95% des individus sains allaient ressentir démangeaison / douleur et les groupes contrôles une suggestion neutre suggérant que seulement 5% pouvaient expérimenter une démangeaison et 5% de la douleur et sinon ne ressentiraient rien. Tous les groupes ont été testés pour les stimuli mécaniques (Filaments de Von Frey), stimuli électriques ionophorèse d’histamine. Ensuite les groupes nocebo ont eu un nouveau stimulus d’ionophorèse ; avec soit une suggestion placebo suggérant une réduction de la démangeaison/ douleur ou contrôle avec le même gel mais une suggestion que tout le monde ressent démangeaison ou douleur mais pas l’autre selon le groupe. Tous les groupes ont rempli une EVA de douleur et de démangeaison avant et toutes les 30sec pendant et après le test.

Résultats : Les sujets ayant reçu une suggestion verbale induisant une attente plus importante de douleur ont reporté plus de douleur que les sujets ayant reçu une suggestion induisant une attente de moindre douleur. Les sujets ayant reçu une suggestion verbale d’attente de démangeaison avaient des niveaux de démangeaison plus importants que ceux ayant eu une suggestion d’attentes faibles de démangeaison. L’effet nocebo induit par suggestion verbale est apparu plus fort pour la démangeaison que la douleur. Les niveaux de démangeaison ont diminué d’autant plus que les suggestions de la réduction de démangeaison étaient données par rapport aux suggestions de réduction de la douleur. Alors que la réduction de la démangeaison n’était pas significative lorsqu’il était suggéré que la démangeaison était réduite en comparaison aux suggestions neutres et idem pour la douleur.

Limite : Uniquement des femmes, d’une université des Pays-Bas, échantillon petit. Partie 2 possible effet d’habituation à l’histamine. Le contexte de laboratoire peut-être un facteur confondant. Manque un groupe contrôle sans attentes. Uniquement sujets sains. Taille d’effet faible MIDC non atteint, niveaux de démangeaison / douleur faibles en général.

En pratique : La démangeaison / douleur peut être induite simplement par suggestion verbale. La perception de différents stimuli ambigus peut être influencée par les suggestions négatives de telle façon qu’une attente négative peut influencer l’intensité de la démangeaison ou douleur ressentie.

Van Laarhoven, A. I. M., Vogelaar, M. L., Wilder-Smith, O. H., Van Riel, P. L. C. M., Van De Kerkhof, P. C. M., Kraaimaat, F. W., & Evers, A. W. M. (2011). Induction of nocebo and placebo effects on itch and pain by verbal suggestions. Pain, 152(7), 1486–1494. https://doi.org/10.1016/j.pain.2011.01.043